procès de tokyo

Aux yeux d’un historien de l’école marxiste comme Tôyama Shigeki, les « limites » du procès recoupent celles du « projet de démocratisation du Japon par l’occupant américain »5 ayant rendu nécessaire le travail de contre-expertise effectué par les historiens de l’école marxiste. Il désigne aussi bien le peuple par opposition aux élites que le peuple national japonais. La répression constante à laquelle ont dû faire face aussi bien les partis prolétaires que les organisations syndicales reflète par conséquent la lutte de cette élite pour conserver son pouvoir, dans son incapacité à lutter avec les armes de la démocratie bourgeoise. Shôwashi ni yoseru koe »(Nous aussi, nous l’avons vécu ; Avis concernant l’Histoire de Shôwa), Toshô Shinbun, 10 décembre 1955. Saison 1. Ils entendent limiter l’influence au sein de la société japonaise de cette version du récit national qui, pour « démocratiser » la société japonaise, tâche de se rendre accessible à un lectorat très large. On peut en dégager trois : les problèmes liésau style de l’histoire scientifique, l’amalgame entre la méthodologie des auteurs et les présupposés idéologiques de l’Histoire de Shôwa, et enfin le problème de la portée accusatoire de l’ouvrage, c’est-à-dire la critique du tableau des responsabilités de guerre brossées dans l’Histoire de Shôwa, et à travers elles, des culpabilités établies par le procès de Tôkyô lui-même. 22 Matsuzawa Hiroaki, « Shohyô Shôwashi (shinpan) »(Notes de lecture : « Histoire de Showa (nouvelle édition) »), Shisô (La pensée), octobre 1959. Le philosophe Matsuzawa Hiroaki a analysé avec plus d’acuité cette limite de l’Histoire de Shôwa, dès 195922. Les procès de Nuremberg (20 novembre 1945-1 octobre 1946) et de Tokyo (3 mai 1946-24 novembre 1948) constituent la première tentative d'e formation d'un droit pénal international. 6 Diplomate japonais, ministre des Affaires étrangères de 1943 à 1945, condamné lors du procès de Tôkyô à sept ans d’emprisonnement. Lire la suite, Dans le chapitre « L'ambition réformiste des forces d'occupation » Kamei sera lui aussi emprisonné lors de la sévère répression anticommuniste du 15 mars 1928. Enfin un livre en français sur le procès de Tokyo. Paradoxalement, c’est aussi le volet de leur accusation spécifiquement consacréà l’empereur qui s’atténue avec la disparition du procès. Derrière cette critique, Kamei attaque là encore l’argument de base de l’Histoire de Shôwa, et son récit centré sur une nation entraînée contre son gré dans la guerre, et dont les aspirations furent exclusivement défendues par le PCJ. 11 Tôyama, Fujiwara, Imai, op.cit. Il souligne aussi par cet argument la pertinence des catégories privilégiées par l’historiographie de son époque, au premier rang desquelles la nation, conçue comme base nécessaire d’un récit national démocratique. Le terme même de démocratisation est ici repris à leur compte par ces historiens, pour lui donner un sens plus radical que celui conçu par l’occupant américain. Pour mieux appréhender la portée effective des décisions du Tribunal militaire international pour l’Extrême-Orient, il peut être utile d’évoquer les problèmes politiques et scientifiques que l’écriture de l’histoire nationale a posé au Japon dans la … Mais il est à noter que le procès de Tôkyô lui-même s’efface de leur narration historique de l’après-guerre. Les élus du parti y attaquent la morale suspecte de ces manuels, accusant à mots à peine voilés l’orientation « communiste » de certains manuels d’après-guerre. Inversement, c’est la position de plus en plus monopolistique de ces conglomérats au sein du marché intérieur japonais qui leur ont permis d’imposer au reste de la classe dirigeante la poursuite de leurs intérêts. 31Moins d’une dizaine d’année après le procès de Tôkyô, le débat autour de l’Histoire de Shôwa fait donc entrevoir une autre strate dans l’analyse des responsabilités de guerre japonaises. En effet, l’une des questions qui ont le plus préoccupé les historiens japonais au lendemain de la Seconde Guerre mondiale portait sur l’analyse de la marche vers la guerre, pour en dégager les causes et tenter de rendre intelligible aux yeux des Japonais qui l’avaient vécue le chaos de l’histoire récente. Ils pointent du doigt les résidus féodaux au sein de l’infrastructure de l’État-nation pour expliquer la crise de la démocratie dans le Japon de l’ère Shôwa, au premier rang desquels l’armée et sa dévotion unique à l’empereur plutôt qu’à la nation elle-même. Les auteurs identifient par conséquent ce qui relie la domination coloniale de la Corée, l’avancée japonaise en Mandchourie, et l’intrusion subséquente de la diplomatie japonaise dans la politique intérieure chinoise, aux intérêts des conglomérats industriels japonais, les zaïbatsu, non seulement soucieux d’assurer leur approvisionnement en matières premières, mais ausside sécuriser un marché intérieur face à la crise mondiale qui sévit après 1929. 5 ), L’Europe face à son passé colonial, Riveneuve, 2009. Shôwashi no hihan ni kanren shite » (Problème de la recherche en histoire contemporaine ; au sujet des critiques surl’Histoire de Shôwa), Chuô Kôron, juin 1956. Car s’ils ont modéré les présupposés « idéologiques » de leur récit dans la nouvelle édition, ils n’ont pas atténué pour autant la dimension accusatoire de l’ouvrage, qui en forme l’argument principal, intimement liéà sa mission démocratique, et qui en demeure la conclusion la plus forte. trisa.brunet@gmail.com. Cette « priorite nationale » sera fortement critiquée par Takahashi Tetsuya. Ils le décrivent plus volontiers comme l’un des acteurs de l’histoire nationale plutôt que comme le dépositaire exclusif des aspirations démocratiques de la nation. Parallèlement, en investissant le champ nouveau de l’histoire contemporaine, ces historiens vont tenter de proposer leur analyse des années de guerre, parallèlement à celle mise en lumière au procès de Tôkyô, en dégageant notamment toute la responsabilité des « classes dirigeantes » dans le déclenchement de la guerre et la militarisation du régime, pour élaborer un bilan beaucoup plus exhaustif, et socialement plus significatif, que celui, jugé bien trop limité, du tribunal militaire pour l’Extrême-Orient. Cette controverse sur l’Histoire de Shôwa reflète en effet la recomposition des forces politiques qui se joue à la tête de l’État japonais et à l’échelle de toute la société durant cette époque charnière. ), Bungei Shunjû, mars 1956. Selon lui, la méthode par trop scientifique de l’ouvrage empêche de saisir toute une dimension humaine, la multiplicité des expériences et des mémoires individuelles. URL : http://journals.openedition.org/droitcultures/2050, Tristan Brunet est doctorant à l’Université Paris-Diderot, UFR de Langues et civilisations de l’Asie orientale et à l’Université des langues étrangères de Tôkyô (Tôkyô gaidai). ), qui avait été créé pour châtier les criminels de guerre nippons conformément au point no 10 de la Proclamation de Potsdam du 26 juillet 1945. Pour le détail de l’évolution idéologique de Kamei, voir Kevin Michael Doak, Dreams of difference : the Japan romantic school and the crisis of modernity, University of California press, 1994. Ils vont aussi apporter dans cette nouvelle édition un soin tout particulier à analyser le rôle des médias et des outils de propagande que le régime militariste a mis en branle pour rallier la partie la plus large de la nation à son projet militaire. Il s’agit d’un jalon très important de l’historiographie japonaise, par son projet de donner une vision d’ensemble intégrée et scientifique de toute cette période. Élargissez votre recherche dans Universalis. Il n’y avait aucun moyen d’y échapper pendant cette triste époque, avec des dirigeants qui préparaient toujours par avidité une nouvelle guerre pour accroître leurs bénéfices. La troisième raison, et la plus importante pour la recherche historique, c’est l’importance du marxisme. Senkyûhyakugojû nendai ni okeru shigakushiteki bunmyaku no saiteii » (La naissance de l’Histoire de Shôwa ; reconfiguration du contexte historiographique des années 1950), in Ôkado Masakatsu, Showashi ronsô wo tou – rekishi wo kijutsu suru koto no kanôsei (Le débat surL’histoire de Showa en question - de la possibilité de la description historique), Nihon keizai hyôronsha, 2006. 25 C’est notamment la conclusion de l’analyse des écrits de Kamei par l’historien des idées Sakai Naoki, « Nihonshi to kokuminteki sekinin » (Histoire du Japon et responsabilité nationale), in Rekishi to hôhô henshû iinkai (Comité de rédaction Histoire et méthode), Rekishi to hôhô 4, Teikoku to kokumin kokka (Histoire et méthode 4, Empire et Etat-nation) Aoki Shôten, 2000. Quotas, réservations et discrimination positive en Inde, Iran et Occident. Le général Masaharu Honma, extradé aux Philippines, y fut également exécuté le 3 avril 1946. A cet égard, quelle place le procès de Tôkyô lui-même occupe-t-il dans leurs analyses, et dans celles de leurs critiques ?Pour apporter quelques éléments de réponse, je présenterai succinctement les évolutions de l’historiographie japonaise dans l’immédiat après-guerre, ainsi que le propos de l’Histoire de Shôwa, puis j’aborderai le débat auquel il a donné lieu, en évoquant les rapports que ce débat a entretenu avec la mémoire du procès de Tôkyô, pour enfin souligner les limites du débat, et leur sens du point de vue de la subjectivité historique dans le Japon de l’époque. Il estime à bon droit que le critique littéraire s’est permis de juger l’Histoire de Shôwa comme une œuvre littéraire, et non comme un travail scientifique. Cette lutte entre « nation » et « classe dirigeante » constitue l’axe central de la description historique adoptée par les auteurs de l’Histoire de Shôwa, dans le but de répondre à l’impératif démocratique qui s’est imposéà leur discipline depuis la fin de la guerre. Les auteurs semblent ainsi sanctionner une sortie pure et simple de l’histoire pour un procès qui n’a pas su faire sens, et renforce l’idée que la narration même de l’histoire nationale dans l’Histoire de Shôwa se substitue à la vocation historique supposée du procès. Le deuxième élément qu’ils relient à la situation d’avant-guerre, c’est la persistance de la classe dirigeante et des structures qui lui permettent d’asseoir sa domination au sein de l’État-nation. Après une longue période de retrait au lendemain de la guerre, cet article marque pour Kamei une véritable résurrection dans le milieu intellectuel japonais, cette fois-ci sous les couleurs d’un humanisme démocrate. Kamei rappelleà plusieurs reprises dans son article qu’il n’est pas un spécialiste de la discipline, revendiquant une position de simple « amateur ». Inauguré officiellement le 3 mai 1946 sous la présidence de l'Australien Sir William Webb, après l'inculpation de vingt-huit personnalités nippones, le tribunal militaire international de Tōkyō rendit son verdict 12 novembre 1948, en prononçant sept condamnations à mort, – dont celle du général et ancien Premier ministre Tôjô – seize peines de réclusion à perpétuité, et deux peines de prison, respectivement de 20 et de 7 ans. 1Si le procès de Tôkyô se voulait un procès pour l’histoire, il peut sembler légitime de se demander la place qu’il a occupé pour les historiens japonais de l’après-guerre. Article réservé aux abonnés Greg Kelly, ex-bras droit de Carlos Ghosn chez Nissan, à son arrivée au tribunal de Tokyo, mardi 15 septembre. Cet article cherche à souligner les enjeux politiques et mémoriels qui entourent le débat, particulièrement en ce qui concerne la question centrale des responsabilités de guerre, et par conséquent du traitement réservé dans cette histoire au procès de Tôkyô. En prélude à ce procès, les arrestations de suspects débutèrent dès le 11 septembre 1945, sur ordre du général Douglas MacArthur, commandant suprême des puissances alliées au Japon (Supreme Commander for the allied forces, S.C.A.P.). 8Car entre le début du procès de Tôkyô en 1946 et la fin de l’occupation américaine en 1952, les rapports avec les États-Unis ont évolué vers une collaboration de plus en plus forte dans la lutte contre le communisme en Asie. Lire la suite, Le 24 mars 1999, la Chambre des lords britannique confirmait partiellement la décision qu'elle avait rendue le 28 octobre 1998 de refuser à Augusto Pinochet, ancien dictateur du Chili, poursuivi par un juge espagnol pour torture et assassinats constituant des crimes contre l'humanité, le bénéfice de l'immunité en sa qualité d'ancien chef d'État. Le degré de « démocratisation » du pays est évalué en fonction du nombre de mouvements sociaux, et le retour d’une syndicalisation effective au lendemain de la guerre est salué dans l’ouvrage sous le titre « La nation se relève »11. 17Comme elles ont été pointées par l’Histoire de Shôwa, la responsabilité de ces « dirigeants » et la continuité de leurs intérêts pendant et après la guerre représentent pour les Japonais des années 1950 un exposé particulièrement convaincant. La notion même d’être humain mise en avant par Kamei contre les catégories utilisées par les auteurs de l’histoire de Shôwa renvoie indéniablement à une humanité conçue avant tout comme « japonaise »25. En premier lieu, les auteurs soulignent le retour de la guerre comme moteur des évolutions politiques du pays depuis le début des années 1950. procès de Tokyo a duré plus de deux ans et a pris fin 12 Novembre 1948. Mais un aperçu de ce débat permet d’entrevoir les fissures que tenteront par la suite de combler les intellectuels japonais dans leur réévaluation des responsabilités de guerre. En complexifiant ainsi, en réponse aux critiques, le récit national élaboré dans la première édition, la conclusion de l’ouvrage gagne en légitimité. Derrière cette question de « style », Kamei cherche à mettre en cause le parti pris narratif de l’Histoire de Shôwa et un récit national centré sur des acteurs collectifs comme la nation. A polemic took place after the publication of the book, which allows us to acknowledge the growing resistance within Japanese society against such a project. Pourquoi la nation n’a-t-elle pas eu la force d’empêcher ce drame ? »9. (Histoire de Shôwa), p. 218. Là encore, il est difficile de détacher ce volet du débat du contexte politique de l’époque, comme Kamei semble vouloir le faire. 26   Pour un panorama plus large du travail des historiens japonais confrontés au passé colonial de leur pays, ainsi qu’au problème des responsabilités de la guerre, voir Arnaud Nanta, « Le Japon face à son passé colonial », in Daniel Lefeuvre, Olivier Dard (dir. L’élément le plus cité de sa critique de l’Histoire de Shôwa souligne « l’absence d’êtres humains dans cette histoire ». Il a commencé le 3 mai 1946 et sa durée est d'un ordre de grandeur supérieur au Tribunal en Allemagne. Matsuzawa cite ainsi l’exemple des classes moyennes qui, par le biais notamment des associations locales de défense, ont souvent relayé activement la propagande militariste. L’influence du marxisme en histoire s’est fait sentir dès les années 1920, pour analyser la modernisation récente du pays, et surtout ses limites supposées par rapport aux modèles occidentaux. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, 11 juges des pays alliés sont nommés pour décider du destin des grands criminels de guerre japonais dans un procès explosif. Hostiles à cet exposé trop radical, Kamei tente de saper les bases de ses accusations et du tableau qu’il révèle des responsabilités de guerre. Certaines questions ne sont pas abordées par les participants, ou de manière incomplète et significative, et révèlent de fait certains trous de la mémoire collective du Japon d’après-guerre. 18En cristallisant ainsi la vision des historiens marxistes, et plus largement du monde universitaire, de la marche vers la guerre, l’Histoire de Shôwa a concentré les critiques qu’une partie du monde intellectuel japonais pouvait concevoir à l’encontre du matérialisme historique alors triomphant. Si l’Histoire de Shôwa a su élargir le cadre de l’histoire nationale japonaise, en recourant notamment à l’impérialisme comme grille d’analyse des guerres d’agression en Asie, la nation comme sujet de l’histoire pose un problème indéniable. C’est certainement parce qu’il épousait parfaitement les contradictions de son temps que son verdict sur l’Histoire de Shôwa bénéficia d’une audience importante. Vue de la salle d'audience lors du procès à Nuremberg des criminels de guerre en 1945-1946. Tôyama concentrera sa réplique sur ce point19. Mais ces critiques permettent également de comprendre sur quels axes les forces sociales opposées à cette lecture de l’histoire, et en premier chef toute une partie de la droite moins libérale qu’il n’y paraît, se sont appuyées pour la déconsidérer et l’isoler, sans pouvoir forcément lutter avec son appareil méthodologique et sa légitimité universitaire. Hiros… 9Ils ne tarderont pas à tenter d’imprimer de nouveau leur empreinte sur l’écriture de l’histoire. 19Kamei, qui n’est pas un historien mais un critique littéraire, reproche avant tout à l’Histoire de Shôwa, ainsi qu’à tous les ouvrages de l’école marxiste, un style littéraire qu’il juge médiocre et trop technique, en le comparant d’ailleurs aux notes d’un procès, ce qui recoupe le rejet global que ce type d’intellectuels anciens complices du régime ont fait du procès de Tôkyô. 5Le second élément marquant est la place prépondérante prise par l’historiographie marxiste dans les années d’après-guerre. Non seulement l’Histoire de Shôwa ne cautionnait pas cette posture, mais par son exposé implacable des responsabilités de guerre, il ouvrait la voie à une remise en cause plus large des responsabilités de chacun. Son film raconte le Japon à l’heure du procès de Tokyo, de la reddition aux Alliés, le 15 août 1945, du décollage de l’économie nippone au début des années 1950. 3  Il est pourtant difficile d’avaliser sérieusement un tel parallèle entre une histoire dont la rédaction était entièrement soumise au pouvoir de censure discrétionnaire de l’État, et forgée par ses intérêts sans soucis d’objectivité scientifique, et l’Histoire de Shôwa qui, quelles que fussent ses lacunes, avait tout de même le mérite de s’inscrire dans une exigence scientifique fondamentale, indépendamment de toute pression de l’État ou des acteurs politiques. Mais coup de théâtre en 2018: sur appel du parquet, la Haute cour de Tokyo avait remis en cause la fiabilité des tests et annulé la décision. Cette déresponsabilisation est pour lui irrecevable, surtout du point de vue des victimes asiatiques dans leur ensemble : comment l’Histoire de Shôwa peut-elle dans le même temps considérer la nation japonaise comme une victime de la guerre et souligner l’immensité des pertes chinoises ? Le 24 novembre 1948, MacArthur rejeta l'appel formé par les condamnés. https://www.universalis.fr/encyclopedie/proces-de-tokyo/, L'ambition réformiste des forces d'occupation, De l'ordre interne à l'ordre international, dictionnaire de l'Encyclopædia Universalis. Les auteurs présentent par conséquent le Parti communiste japonais et sa lutte contre la classe dirigeante, malgré l’illégalité dans laquelle il est cantonné depuis sa création en 1922, comme le principal défenseur de la démocratie et de la « nation » contre une classe au pouvoir toujours plus soudée derrière la défense des intérêts du capital. Cette volonté de relativiser les culpabilités de guerre traverse ainsi toute une génération d’intellectuels qui ont perçu le procès de Tôkyô comme leur procès potentiel. Éric SEIZELET, C’est en partie ce que souligne Kamei lorsqu’il dénonce la dimension accusatoire de cette histoire, et la manière dont elle sépare les Japonais en coupables et victimes. Kamei oppose à cette narration le problème de « la voix des morts » dont il déplore l’absence dans l’Histoire de Shôwa. Après 48 ans dans le couloir de la mort à la suite de sa condamnation en 1968 pour le meurtre d'une famille, cet ancien boxeur avait été relâché après des doutes sur sa culpabilité. Du coup, la balle revient désormais dans le camp de la Haute cour de Tokyo, priée de se pencher à nouveau sur la demande du prisonnier en faveur d'un nouveau procès… Pour les auteurs, cet aspect de la marche vers la guerre est indissociable des limites de la démocratie exposées plus tôt : c’est la nécessité pour le capital d’asseoir une domination impériale sur les régions voisines de l’Asie orientale qui a permis à l’armée de prendre l’initiative sur le plan de la politique internationale, et d’asseoir par conséquent son influence à l’intérieur du pays.

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